Chaque année dans le cadre de la ducasse, le comité des fêtes tient à mettre en valeur un artiste local, c'est une tradition qui dure depuis plus de vingt-cinq ans.
Cette année, on fait une entorse à cette coutume vous demanderez-vous ?
Que vient faire Spa dans notre ducasse ?
Détrompez-vous, l'artiste que nous avons accueillie ce week-end de ducasse dans notre village est une vraie ploegsteertoise, émigrée peut-être, mais née a Ploegsteert de parents ploegsteertois. Oui, la famille Peeren est très connue de nos concitoyens.
Micheline Peeren vit aujourd'hui à Liège et a travaillé un bon moment en Allemagne à Monschau. Depuis sa plus tendre enfance, elle a beaucoup dessiné, mais sa vocation est venue très tard puisque ce n'est qu'en l'an 2000 qu'elle s'inscrit au cours du soir à Saint-Luc à Liège, cours qu'elle suivra pendant trois années. Elle est diplômée en illustration, elle est aussi titulaire d'un brevet de dessin de l'académie des Beaux-Arts de Verviers.
Et puis, c'est l'histoire de Spa qui la passionne et elle y découvre ce qui fera son objectif dans la vie: les ouvrages en bois de Spa. Elle s'installe alors indépendante, ouvre un atelier qu'elle appelle 'La Sittelle' du nom de ce passereau très vif qui parcourt des troncs d'arbres à la recherche d'insectes, restaure des anciennes boîtes, en crée de nouvelles qu'elle personnalise sur demande... et ici avis aux amateurs. Elle est devenue une spécialiste très écoutée et très demandée puisqu'elle en donne des cours, organise des stages et expose très régulièrement.
Elle est une des rares artistes à poursuivre la tradition, qui date de plus de trois cents ans, des bois de Spa.
Une petite explication s'impose afin de mieux percevoir les origines de cet art décoratif.
Vous le savez, toutes et tous, je le suppose, Spa et ses thermes ont accueilli et accueillent encore de nombreux curistes (appelés au 17 me sicécle, les Bobelins) venus se refaire une santé, parmi lesquels de nombreux personnages importants et titrés, des artistes célèbres et des esprits distingués venus de toute l'Europe.
C'est à la Renaissance que les hommes redécouvrent les vertus thérapeutiques des eaux minérales. A l'origine, on accédait aux différentes sources par des chemins
montants et caillouteux en s'aidant d'une canne. Les artisants locaux ont compris qu'en proposant des cannes solides avec des pommeaux bien adaptés, ils dépassaient
la recherche des vulgaires bâtons ramassés cà et là dans les bois. Ils imaginèrent même de les décorer et elle devinrent un peu comme les cartes postales actuelles des souvenirs qu'on ramenait de la ville d'eau. Ce n'est qu'au 18 ème siècle que l'on commença à façonner des objets et des boîtes, à l'époque utilitaires, comme des boîtes à bijoux, à couture, des coffrets pour cartes à jouer, avec le bois de Spa. Boîtes qui étaient poncées, polies, peintes à la gouache et vernies.
On s'inspirait, pour les décorer, de scènes galantes, bibliques ou mythologiques, plus tard de bouquets et même de chinoiseries. Si les modes passent et si les guerres nous font quelque peu oublier certaines traditions, il est des gens passionnés qui remettent au goût du jour cet héritage historique.
L'artiste restaure des anciennes boîtes, même les plus abîmées qui se trouvent dans les greniers de grand-mère, qu'elle réussit à dater.
Ses créations sont réalisées comme autrefois à la gouache et sont entièrement effectuées à la main avec les techniques mises au point par ses prédécesseurs
et qu'elle applique à la lettre.
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